Allemagne : une terre d'inégalité

Contre le chômage  l'Allemagne a fait le choix des travailleurs pauvres, la France est en passe de l'imiter 



Taux de chômage : 5,4%

C'est l'un des plus bas d'Europe. Bien en-dessous de la moyenne de l'Union européenne, à 10,9%, et bien plus satisfaisant qu'en France, où il a atteint les 11% de la population active. Depuis 2005, le taux de chômage a presque été divisé par deux. La raison ? Lors de la crise de 2009, l'Etat a subventionné le chômage partiel, afin que les entreprises ne se délestent pas de leurs effectifs pendant la période de creux. Les réformes du prédécesseur d'Angela Merkel, Gerhard Schröder, ont également créé un marché du travail très souple. Ce qui n'est pas sans conséquence sociale.


Pauvreté : 15% de la population

Bien que le chômage soit faible en Allemagne, la pauvreté y est plus importante qu'en France.  "L'Allemagne a fait le choix des travailleurs pauvres", explique Patrick Arthus dans "Le Point". Le risque de sombrer dans la pauvreté y est de 15%, selon Eurostat. Et 8 millions de salariés gagnent moins de 8 euros brut de l’heure, car le salaire minimum n'existe pas et les mini-jobs précaire et sous payés (450 euros par mois) se normalisent. 15% de la population était sous le seuil de pauvreté en 2011, contre seulement 10% en 2000. Le prix de la compétitivité ?


Exportations : 1.000 milliards d'euros

Elles ont quasiment doublé depuis 2000. Automobiles, machines outils... l'Allemagne exporte du haut de gamme. Son excédent commercial a atteint 188 milliards d’euros l’an dernier, soit 30 milliards d'euros de plus que l'année précédente. Coût de l'énergie, bas salaires dans les services et esprit de meute ont créé un épais tissu d'entreprises de tailles moyennes, tournées vers les marchés internationaux. Même dans l'agriculture, désormais l'Allemagne devance parfois la France, en ayant recours à des salariés immigrés sous-payés. Les exportations allemandes s'orientent de plus en plus vers l'Asie, notamment la Chine, et de moins en moins vers l'Europe. Des déséquilibres qui suscitent la crainte des partenaires européens de l'Allemagne, qui l'appellent à stimuler sa demande intérieure, en acceptant des hausses de salaires notamment.


Croissance : 0,4% du PIB

C'est à la fois plus que la France et relativement peu, compte tenu de son potentiel, notamment dans l'ex-RDA et du niveau de ses exportations. L'Allemagne a imposé à l'Europe des réformes structurelles qu'elle a elle-même réalisées il y a quelques années. Et quand les pays trop endettés ont fait appel à sa solidarité financière, elle a exigé un rétablissement rapide de leurs comptes publics et une libéralisation de leur économie. Résultat, l'austérité généralisée en Europe a provoqué la récession de la zone euro, pourtant exportatrice et peu endettée dans son ensemble, qui commence à pénaliser aussi la croissance allemande.


Excédent public : 0,6% du PIB

L'Allemagne est passée d'un déficit public à 4,1% de son PIB en 2010 (soit le pourcentage de déficit de la France fin 2013) à un excédent de 0,2% l'année dernière. Il devrait passer à 0,6% du PIB cette année. Sa gestion des finances publiques et ses exportations lui garantissent des marges de manœuvres importantes. Comment les utiliser ? Hausse des salaires, aides sociales, stimulation de l'économie ? L'Allemagne va d'abord commencer à rembourser sa dette. Car elle doit préparer l'avenir.


Population : 73 millions en 2050

Pour l'instant, la politique familiale n'y fait rien : le taux de fécondité reste à 1,36 enfant par femme (contre 2,01 enfants par femme en France). Ainsi la population allemande devrait passer de 85 millions aujourd'hui à 75 millions dans 35 ans, soit 10 millions en moins. Alors que la France devrait passer sur la même période de 65,5 millions à 70 millions selon l'Insee. Au milieu du siècle, il y aura alors plus d'un Allemand sur trois de plus de 60 ans. Qui financera leurs retraites ? A moins d'un infléchissement de la natalité, ce sera des étrangers : soit des personnes ayant immigré en Allemagne, soit les salariés d'entreprises à l'étranger détenues par les épargnants allemands. Ce qui dépend notamment du niveau de l'euro.

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