mardi 13 janvier 2015

Indignation aux Etats-Unis, les médias dénoncent l'absence d'Obama à Paris



De nombreux médias américains donnent de la voix, ce lundi, pour s’étonner, s’offusquer ou s’interroger sur l’absence de Barack Obama et de son Secrétaire d’Etat John Kerry lors du défilé historique du 11 janvier à Paris. 
  
L’image de François Hollande entouré d’une quarantaine de chefs d’Etat impressionne l’Amérique, alors que les Américains ont été profondément bouleversés par les événements de Paris. 
  
Le populaire New York Daily News évoque « une forme différente de la résistance française à Paris ce jour-là, tous ces gens réunis et envoyant au monde des images (…) sur le monde tel que nous voulons toujours qu’il soit, au lieu de celui que ces terroristes veulent - tous les terroristes - un monde où nous vivons dans la peur constante » pour mieux  se désoler : « Les Etats-Unis auraient dû être sur cette ligne de front. Et ils ne l’étaient pas. » 

  
Notant que Kerry était en Inde pour un sommet visant à développer des liens commerciaux, CNN souligne que les États-Unis étaient représentés par le seul ambassadeur américain en France, Jane Hartley, tandis qu’Eric Holder, le Procureur général, pourtant présent dans la capitale française pour un sommet antiterroriste, ne s’est pas montré à la manifestation. Il vivait d'ailleurs ses dernières heures à ce poste avant d'être remplacé aujourd'hui, une bien piètre représentation donc. 


La chaîne fustige les arguments soulevés par certains concernant les inquiétudes en matière de sécurité, le journaliste et présentateur Fareed Zaqaria citant l’impressionnant parterre de dirigeants pour lesquels ces inquiétudes n’étaient pas moins importantes, ce qui ne les a pas empêché de se tenir aux côtés de la France dans un moment hautement symbolique. Et Zaqaria d’infliger une claque à la Maison-Blanche en estimant qu’au moins « l'absence d'Obama montre que la lutte contre l'islam radical ne tourne pas qu’autour de l’Amérique », une manière d’inviter le staff très maladroit du président à cesser de se dresser sur ses ergots. 

  
Dans la National Review, Patrick Brenann parle d’une « rebuffade », soulignant que « comme (le célèbre politologue) Ian Bremmer l’a remarqué sur Twitter, le président français François Hollande a été l'un des plus solides alliés des Etats-Unis dans la guerre contre le terrorisme au cours des dernières années. À la gauche de Hollande parmi les leaders à l'avant du cortège, se trouvait le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keita. Des milliers de soldats français ont fait la guerre à une filiale d'Al-Qaïda au Mali et porté le pays à bout de bras depuis deux années maintenant. Neuf soldats français, et plus de 100 soldats maliens formés par les Français, ont trouvé la mort dans l'opération. » 

  
Aussi, lance dans le Wall Street Journal Aaron David Miller, du Centre international Woodrow Wilson, « pas une excuse dans l'univers ne peut expliquer pourquoi les Etats-Unis ont échoué à envoyer à Paris un représentant plus visible que le Procureur général républicain Eric Holder. » Et le comble, écrit Politico, est que Joe Biden, le vice-président américain, se trouvait dans sa maison ce dimanche, à Wilmington dans le Delaware. 


  
Tentant d’étouffer les flammes, Voice of America se trouve bien seul dans son commentaire maladroit ce lundi : « Le fait qu’Obama ne soit pas à la marche semble avoir eu peu d’impact immédiat en France au cours d’une journée dédiée à l'unité. Un commentateur de la télévision française a déclaré que la visite du président aurait été impensable étant donné le dispositif de sécurité qui l’entoure dans le pays et à l'étranger. » Et d’ajouter vainement que « les chaînes d'information françaises ont relayées abondamment les expressions de solidarité d’Obama avec la France, ainsi que les remarques de Kerry en Français la semaine dernière condamnant les attaques. » 

  
Insuffisant pour les grands médias américains qui semblent assommés par l’absence du visage des Etats-Unis à Paris, le 11 Janvier 2015. 


LA MAISON-BLANCHE FINIT PAR RECONNAÎTRE SON ERREUR, OBAMA NON

Dans un rare aveu d'erreur, la Maison Blanche a déclaré lundi (soir) que le président Barack Obama ou un autre représentant de haut niveau auraient du rejoindre des dizaines de dirigeants du monde entier lors d'un rassemblement anti-terroriste à Paris.
 
Alors que les dirigeants de l'Europe, du Moyen-Orient et d'Afrique étaient bras liés pour le dimanche de marche à travers les boulevards de Paris, les États-Unis ont été représentés par leur ambassadeur en France. Le Procureur général Eric Holder était à Paris pour des réunions de sécurité, mais n'a pas assisté à la marche.
 
"Il est juste de dire que nous aurions dû envoyer quelqu'un avec un profil plus élevé", a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest. L'administration a également annoncé que le Secrétaire d'État John Kerry, qui était en voyage prévu de longue date en Inde dimanche, sera en visite en France plus tard cette semaine.
 
La Maison Blanche semble avoir été pris au dépourvu à la fois par la portée de la représentation internationale au rassemblement et à la critique de la décision de n'envoyer que l'ambassadeur Jane Hartley. L'admission de l'erreur lundi semblait viser à émousser la critique selon laquelle la décision était irrespectueuse de l'alliance américaine de longue date avec la France.
 
Avant que la Maison Blanche ne reconnaisse son faux pas, le sénateur républicain de Floride Marco Rubio a dit que l'administration avait commis une erreur en n'envoyant pas au moins un haut responsable ou Kerry pour assister au rassemblement dimanche. Et le sénateur républicain du Texas, Ted Cruz, a dit que c'était un exemple de l'équipe d'Obama gardant ses alliés à distance.
 
"Où était le président? Où était le vice-président? Où était le secrétaire d'Etat? Où était le procureur général, qui avait été là quelques instants avant, mais a choisi de monter dans un avion et de rentrer à la maison?"  a demandé Cruz a lundi lors d'un discours à la Fondation du patrimoine conservateur.
 
Certains responsables de l'administration Obama, aussi, ont en privé exprimé leur frustration qu'un représentant des États-Unis de haut niveau n'ait pas participé à la marche. Earnest a déclaré que la Maison Blanche endosse le blâme mais qu'Obama lui-même n'était pas personnellement impliqué dans la décision. 
 
Les retombées du week-end ont souligné la mesure dans laquelle la Maison Blanche d'Obama transige parfois avec l'importance potentielle de gestes symboliques.
 
«Une partie de ce travail est du théâtre," avait déclaré Obama au milieu des critiques lorsqu'il était allé jouer au golf quelques minutes après avoir parlé de la décapitation d'un journaliste américain en Syrie. "Ce ne est pas quelque chose qui vient naturellement à moi. Mais ce n'est important. Et je suis conscient de cela." 

C'est encore pire. Comme nous ne cessons de le dire. 


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