vendredi 27 novembre 2015

Argentine: La Chambre des Députés rejette l'attaque de Marci contre le Venezuela et son peuple

Traduction Françoise Lopez

Caracas, 25 Nov. AVN.- Lors d'une réunion de la Chambre des Députés d'Argentine convoquée par le Groupe Parlementaire d'Amitié avec le Venezuela, un profond rejet de l'intention du nouveau président argentin élu, Mauricio Macri, d'invoquer la clause démocratique établie dans le Protocole d'Ushuaia et de suspendre le Venezuela du Marché Commun du sud (MERCOSUR) pour porter un coup à cette nation, à son gouvernement et à son peuple, s'est manifesté.

La raison pour invoquer cette clause répond à de soi-disant abus contre Leopoldo López qui a été déclaré coupable par le Tribunal Suprême de Justice (TSJ) du Venezuela des délits d'instigation publique (à la violence), de dommages aux biens, d'incendie et d'association de malfaiteurs après l'activation du plan de coup d'Etat "La Sortie" qui a provoqué la mort de 43 Vénézuéliens et fait plus de 800 blessés.

A ce sujet, la députée Carolina Gaillard qui préside le Groupe Parlementaire d'Amitié avec le Venezuela - a averti lors de la rencontre de ce mercredi que ce complot de Macri porte atteinte à l'ordre démocratique et à la volonté souveraine au Venezuela ainsi qu'aux pas faits dans la région pour renforcer l'intégration entre les nations.

C'est "une interprétation erronée du Protocole d'Ushuaia qui non seulement porte atteinte à l'ordre démocratique d'une République soeur mais porte aussi atteinte à tout le travail qui a été fait pour renforcer et consolider l'intégration régionale", a déclaré Gaillard, rapporte une note de presse publiée sur le site de l'Ambassade du Venezuela en Argentine.

De même, la parlementaire nationale pour le Front pour la Victoire de la province de Entre Ríos a souligné qu'au " Venezuela, il y a un Gouvernement démocratique élu par le peuple avec 50,6% des voix et avec lequel il n'y a aucune rupture de l'ordre constitutionnel ou démocratique qui justifie une sanction comme celle demandée par Mauricio Macri".

Le président de la Commission des Relations Extérieures et du Culte de la Chambre des Députés, le député Guillermo Carmona, est d'accord avec Gaillard.

"Les institutions démocratiques et constitutionnelles du Venezuela agissent correctement au point qu'il y a des élections législatives dans quelques jours qui impliquent non seulement le parti au pouvoir mais aussi l'opposition qui a présenté des listes en reconnaissant clairement la validité et la légitimité du Système Electoral Vénézuélien", a noté le député.

Pour sa part, la députée pour le Département des Missions et parlementaire du MERCOSUR, Julia Perié, a aussi rappelé que la demande d'application du Protocole d'Ushuaia ne peut se faire de façon unilatérale mais que cette demande doit se faire par consensus entre les pays membres, c'est pourquoi elle a condamné les déclarations du Président élu de l'Argentine.

Pendant la campagne électorale, Macri a exprimé clairement sa position contre le gouvernement vénézuélien et les gouvernements progressistes de la région latino-américaine.
 
Ajout 
 
Comme il était prévu, 12 heures ne s'étaient pas écoulées depuis sa victoire électorale quand, lors de sa conférence de presse d'hier, Mauricio Macri affirma sa vocation à devenir un proche de Washington dans la région. Dans la ligne des désirs de la Maison Blanche, il a menacé la République Bolivarienne du Venezuela et confirmé qu'il demanderait la suspension de ce pays en tant que membre du MERCOSUR parce que, selon lui, il aurait enfreint la clause démocratique en "persécutant les opposants et en ne respectant pas la liberté d'expression".

Renverser le gouvernement bolivarien est une vieille obsession du gouvernement des Etats-Unis pour laquelle il n'a ni limite ni aucun scrupule. Jusqu'à présent, son offensive n'avait trouvé qu'un associé disposé à avancer sur ce chemin scabreux: le narco-politique colombien Álvaro Uribe. Juan M. Santos qui lui a succédé au Palais de Nariño ne s'est pas prêté à un jeu aussi dangereux. Mieux encore, le président conservateur colombien n'a pas cessé de remercier le Venezuela pour sa collaboration dans le processus depaix en cours à La Havane.


Macri semble ignorer ces subtilités de la politique internationale et être un homme téméraire et à la mémoire courte, une combinaison dangereuse s'il y en a. Il faudrait lui rappeler que la soumission inconditionnelle à l'empire se pratiquait déjà en Argentine sous Menem sous le nom de "relations charnelles" et que ce pays a payé par le sang un tel manque de bon sens. On ne comprend pas pourquoi il faudrait répéter cette erreur sauf pour respecter un accord secret avec la Maison Blanche dont nous ne tarderons certainement à connaître la contrepartie.

Macri ne semble pas non plus avoir été informé que le 28 octobre dernier, la République Bolivarienne a été réélue au Conseil des Droits de l'Homme des Nations Unies. L'Assemblée Générale de l'organisation a approuvé cette résolution par 131 voix sur 192.

Formuler les accusations que formule Macri en passant par-dessus une donnée aussi importante que celle-là, qui ratifie la présence du Venezuela dans un organisme auquel participent des pays comme la France, les Etats-Unis, l'Allemagne et le Japon, est pour le moins un acte d'irresponsabilité flagrante ou une démonstration d'amateurisme dans la gestion des relations internationales. Peut-être croit-il que les pays du MERCOSUR vont accompagner sa crise anti-bolivarienne? Ignore-t-il que les décisions du MERCOSUR demandent le consensus de tous ses membres? 

Pour commencer, le chancelier uruguayen Rodolfo Nin Novoa s'est empressé de déclarer que son pays "ne voit pas de raison d'appliquer la clause démocratique au Venezuela au MERCOSUR." Et le plus probable, c'est que le gouvernement brésilien suive le même chemin, auquel cas les menaces de Macri tomberaient, suite à leur infaisabilité politique.


Revenons au cas des opposants politiques au Venezuela. Que dirait Macri si ces prochains jours, suivant l'exemple de Leopoldo López, Daniel Scioli rendait public son refus de reconnaître les résultats des élections et peu après le 10 décembre, intensifiait cette campagne en mobilisant des contacts internationaux et en stimulant, avec de plus en plus de force, des violences en exigeant "la sortie" anticonstitutionnelle d'un "gouvernement illégitime" en appelant à des procédés interdits par la constitution et par les lois de la république? Appellerait-il dans ce cas Scioli "opposant politique" ou la qualifierait-il, en fonction des normes en vigueur, d'homme politique coupable du délit de sédition qui dans ce pays, encourt une peine qui va de 5 à 25 ans de prison?


La législation vénézuélienne est la même que celle de l'Argentine et les deux sont identiques à celle des Etats-Unis où ce délit est passible de peines qui, dans certains cas, vont jusqu'à la prison à perpétuité ou à la peine de mort. En réalité López, dont la femme était dimanche soir à la fête dans le bunker de Cambiemos, n'est pas un "dissident politique" injustement persécuté par le gouvernement bolivarien. C'est le chef de bande d'une tentative pour troubler par la force l'ordre constitutionnel en vigueur dans son pays et renverser le gouvernement né d’élections dont l'ex président des Etats-Unis Jimmy Carter a dit qu'elles étaient "plus fiables et transparents que les nôtres". Pour cela, il compte sur la collaboration d'Uribe pour recruter un important groupe de mercenaires qui, camouflés en héroïques "jeunes universitaires" luttaient vaillamment pour restaurer les libertés violées dans son pays.

Lancés dans les rues pour stimuler "la sortie" de Maduro et l'effondrement de l'ordre institutionnel en vigueur, ils ont fait usage de tout ce qui est imaginable en terme de violence, des incendies d'écoles et de garderies d’enfants à la destruction d'engins de transport publics et privés, tout cela combiné à des attaques violentes d'universités et de centres de santé, à l'installation de "guarimbas" (barricades à partir desquelles éteint contrôlés les mouvements de la population et étaient frappés ou assassinés impunément ceux qui osaient défier leur toute-puissance) et à des assassinats.

Suite à excès, 43 personnes sont mortes, la majorité d'entre elles étaient des sympathisants chavistes ou des membres des forces de sécurité de l'Etat. Peu après, on découvrit qu'une bonne partie des "guarimberos" étaient des paramilitaires colombiens et qu'il n'y avait presque pas d'universitaires vénézuéliens impliqués dans ces tristes événements. La justice de la "dictature chaviste" le condamna à une peine de 13 ans 9 mois 7 jours et 12 heures de réclusion. En désaccord avec la transition post-franquiste en Espagne, le 23 février 1981, le lieutenant colonel Antonio Tejero Molina voulut aussi troubler l'ordre constitutionnel en donnant l'assaut au Congrès des Députés. Dans sa croisade restauratrice "le tejerazo" ne provoqua pas une seule mort et il n'y aut à déplorer de pertes matérielles d'aucune sorte.

Cependant, la justice espagnole le condamna à 30 ans de prison, à être expulsé de l'Armée, à perdre son grade militaire et à la perte de ses droits civiques pendant le temps de sa condamnation. Personne ne l'a considéré comme un opposant politique mais comme un militaire séditieux. Le cas de López est pire à cause de la quantité de sang versé par sa faute et à cause de la destruction de biens provoquée par son apologie de la violence malgré quoi la sentence de la justice vénézuélienne a été étonnamment clémente. Mais Macri ne le voit pas ainsi et continue à le considérer comme un opposant maltraité par un pouvoir despotique. Il commence mal en politique étrangère. Et sa tentative pour avancer dans le "réformisme" néolibéral du MERCOSUR est préoccupante. C'est une autre vieille ambition des Etats-Unis pour le faire rejoindre l'allance du Pacifique et l'Union Européenne dominée par la Troïka.

Source en espagnol:
http://www.cubadebate.cu/?p=664661#.VlbQRISe8RE

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