mercredi 3 avril 2013

Cahuzac : le pitoyable aveu et la dérisoire indignation



Coup de tonnerre, pleurs et indignations sont à l'ordre du jour : le ministre a menti, le ministre a triché, il a fraudé le fisc.

Je ne vois pas très bien où est le problème. Les politiques mentent, ce n'est pas un scoop, il y a seulement l'illusion qu'un ministre de gauche ne ment pas...

Le ministre a fraudé, il a cherché à échapper au fisc, ce n'est pas un scoop non plus. Tout le monde ou presque cherche à payer le moins d'impôts possible en oubliant que l'impôt c'est la solidarité.

Bon, 600 000 euros c'est une somme, et peut-être pas gagnée honnêtement...

Bref le ministre est malhonnête, un salopard, un moins que rien, que sais-je encore, tous les noms d'oiseaux n'ont pas été épuisés...

C'est impardonnable, disent le président, le premier ministre et tous les autres.

Pourtant faute avouée n'est-elle pas à moitié pardonnée ? Il a avoué le ministre et même demandé pardon dans un plaidoyer à pleurer de "dévastations" et de stupidité :

A Monsieur le Président de la République, au Premier Ministre, à mes anciens collègues du gouvernement, je demande pardon du dommage que je leur ai causé. A mes collègues parlementaires, à mes électeurs, aux Françaises et aux Français j’exprime mes sincères et plus profonds regrets. Je pense aussi à mes collaborateurs, à mes amis et à ma famille que j’ai tant déçus.

J’ai mené une lutte intérieure taraudante pour tenter de résoudre le conflit entre le devoir de vérité auquel j’ai manqué et le souci de remplir les missions qui m’ont été confiées et notamment la dernière que je n’ai pu mener à bien. J’ai été pris dans une spirale du mensonge et m’y suis fourvoyé. Je suis dévasté par le remords.

Penser que je pourrais éviter d’affronter un passé que je voulais considérer comme révolu était une faute inqualifiable. J’affronterai désormais cette réalité en toute transparence.


Gérard Filoche n'en revient pas et se révolte, les bras de Montebourg sont tombés... de gauche à droite tout le monde s'esclaffe et s'indigne. Il faut dire que depuis un certain temps l'indignation est à la mode... et puis ça passe le temps et ça fait parler...

Je ne suis pas choquée, je ne suis pas indignée, et d'ailleurs je n'ai jamais accordé d'importance à cette affaire, car c'est le propre du capitalisme de mentir, de frauder, de voler.

Les banques ont fait pire que Cahuzac et sont en train de nous voler tous, de piller les Etats, de réduire des peuples entiers à la misère,la désolation et la dévastation. Il est là le vrai scandale.

Cette gauche qui fait mine de s'indigner est en train de se préparer à voter une loi qui accroitra l'insécurité, la misère et "l'esclavage" des salariés... Cette gauche hypocrite qui prétend que cette loi fut négociée quand seuls les syndicats minoritaires l'ont signée.

Et même là je ne m'indigne pas, il n'y a rien d'autre à attendre d'un système fondé sur l'exploitation des plus démunis.

Cahuzac n'est que le digne valet de ceux qu'il sert, il n'y avait vraiment pas lieu de demander pardon. Il a bien travaillé. Le dommage c'est que l'hypocrisie du système soit dévoilée et Cahuzac en devient le bouc émissaire, on crie haro sur le baudet, on l'exclut du parti, on change de trottoir en le voyant... On fait mine de ne pas lui ressembler et on continue de servir le système et de renflouer les banques.

À QUAND LA RÉVOLUTION ?

Elle est peut-être déjà là, chez ceux qui cherchent une autre manière de vivre.
Il y a plus de pauvres que de riches, un jour, le vent risque bien de tourner.

Maryvonne Leray

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