Hollande : c'est la Bérézina


On rigole, on rit "alors qu'il faudrait en pleurer" mais c'est ainsi dans le chaos il ne reste plus que ce rire sarcastique face au désastre qui s'ajoute au désastre.
 
Il parait que la bataille de Bérézina fut une victoire, je veux bien le croire. Mais une victoire dans la déroute en sacrifiant les pauvres est-ce vraiment une victoire ?

Le 24 juin 1812, la Grande Armée bat en retraite et se trouve devant une rivière marécageuse, la Bérézina.
Alors que le gros de l'armée a déjà franchi la Bérézina, de nombreux retardataires sont encore sur l'autre rive. Eblé envoie plusieurs fois dire autour des bivouacs que les ponts vont être détruits dès l'aube du 29 pour protéger la retraite. Des voitures sont incendiées pour convaincre les retardataires de l'urgence à traverser, mais la plupart des traînards, épuisés, préférant attendre le jour, restent sourds à ces injonctions.
Après avoir autant que possible reporté l'échéance, les deux ponts sont incendiés sur l'ordre de Napoléon entre 8 h 30 et 9 heures. La rive gauche de la Bérézina offre alors le spectacle tragique d'hommes, de femmes et d'enfants se précipitant à travers les flammes des ponts ou tentant de traverser la rivière à la nage.
Parmi les 400 hommes qui ont construit les ponts, seuls le capitaine George Diederich Benthien, commandant des pontonniers, le sergent-major Schroder et six de leurs hommes survivront à la bataille.



Il est assez juste à tout point de vue de parler de Bérézina. Parti en guerre contre la Syrie, n'est ce pas encore une fois devant la force Russe qu'il a fallu (fort heureusement) reculer. Et ces pauvres, tous ces pauvres laissés à l'abandon par un système qui ne pense plus qu'à sauver sa peau ... Tragique et dérisoire. Le "régime" a peur et il a raison: 

"Gare à la revanche quand tous les pauvres s'y mettront".

Maryvonne Leray

Panne tragique à l'Elysée




Les retraites ? Dites plutôt la retraite. L'Histoire, qui est farceuse, retiendra peut-être que le seul dossier que Hollande ait réussi à mener à bon port, cet automne, est précisément celui pour lequel on lui promettait le pire. En abattant ses cartes, dès la fin août, avec une réforme réglée au millimètre, le chef de l'Etat pensait pouvoir entamer le chemin de la reconquête. Toute la stratégie hollandaise était fondée sur un seul mot : "résultat". Après l'effort, le réconfort. Avec en toile de fond la reprise de la croissance et l'inversion promise de la courbe du chômage. Tout cela est aujourd'hui à l'eau.

"Sont-ils si nuls ?"

La séquence tragique qui a fait exploser le hollandisme présidentiel a commencé avec la reculade en Syrie. Elle vient de trouver son point d'aboutissement, en à peine deux week-ends, avec l'affaire Leonarda et l'aller-retour sur la taxation de l'épargne. Qui dit mieux ? "Sont-ils si nuls ?" titrait "le Nouvel Obs" à la rentrée 2012. Aujourd'hui, la seule retouche à cette manchette serait d'en enlever le point d'interrogation.

Il faut remonter très loin pour retrouver pareil chaos au sommet de l'Etat. Edith Cresson, dans le genre, avait installé un modèle. Mais elle n'était que Premier ministre et son mandat n'avait pas duré plus d'un an. Le problème de Hollande est d'être président pour près de trois ans et demi encore. Son crédit est au plus bas et il ne faut pas chercher plus loin les causes de tous ses nouveaux malheurs.

Au pouvoir, la faiblesse est synonyme d'impuissance et l'extrême faiblesse conduit à l'impuissance absolue. Il n'existe plus la moindre initiative ou le moindre geste qui ne se retourne contre celui qui l'a pris. Plus de confiance, plus d'obéissance. La loi du chacun pour soi est désormais la règle. Celle des députés affolés comme des citoyens déboussolés ou des lobbys déchaînés.

C'est ainsi que la panne devient totale.

L'écotaxe avait été votée, sous Sarkozy, dans un beau consensus de la droite et de gauche. C'est le même qui exige désormais son retrait, en Bretagne. Dans un récent sondage BVA, on a appris que pour 47% des Français, la remise en cause des 35 heures serait "une mesure courageuse". Dans une proportion identique, ils estiment pourtant que cette loi, adoptée sous Jospin, a été "l'une des plus courageuses" de ces trente dernières années. Comprenne qui pourra... 

L'erreur de Hollande, dans une période de crise où le pays attendait une boussole, a été de croire que l'équilibre était un idéal, que l'arbitrage était un signe de justice, et la synthèse, une forme de rassemblement. Il est parfois dangereux d'être trop subtil. Quand l'opinion s'emballe à force d'angoisses accumulées, elle ne voit dans pareille méthode qu'art de la défausse ou goût immodéré de la non-décision.

Pour se venger de ne plus rien comprendre, les Français organisent une résistance qui est encore passive faute d'avoir su trouver une mesure contre laquelle ils pourraient se fédérer. C'est sans doute pour cela qu'à l'Elysée reculade et déminage sont désormais de mise. Tous aux abris. Cela permet peut-être d'attendre. Sûrement plus de gouverner.

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