Un grec sur trois n'a plus de couverture santé


Cà et là, les déclarations selon lesquelles la crise serait bientôt un mauvais souvenir se multiplient. Ses effets restent pourtant bien d'actualité pour beaucoup. Ainsi, en Grèce, plus de trois millions de personnes, 27,7% de la population pour être précis, n'ont pas accès à la santé publique. C'est le terrible constat dressé par Médecins du monde après une étude menée dans le pays d'où est partie la crise des dettes européennes, et qui subit depuis un remède de cheval pour remettre ses finances publiques en ordre.

Le chômage désigné comme le principal responsable

"Nous sommes très inquiets du nombre des gens qui ont perdu leur sécurité sociale en Grèce" en raison de l'explosion du chômage et de la récession. Ce qui a "de graves conséquences pour la santé des enfants et des femmes enceintes", a indiqué Anna Maïli, présidente de la section grecque de Médecins du monde lors d'une conférence de presse.
Selon des données des services de santé publique "trois millions de personnes, sans prendre en compte les sans papiers, n'ont pas accès à la santé publique", a relevé la présidente de l'organisation en Grèce.

De nombreux enfants non vaccinés

Et les conséquences sont concrètes. Au cours de campagnes menées par l'organisation, il a été constaté que "la vaccination des enfants était insuffisante ou parfois inexistante" pour les familles sans couverture sociale. "Nous rencontrons tous les jours des enfants âgés de deux ou trois ans qui n'ont pas été vaccinés", a expliqué la président grecque de Médecins du monde. Les neuf derniers mois, l'organisation a examiné "10.633 enfants dont plus de la moitié (6.580) ont dû être vaccinés", a-t-elle poursuivi
L'explication est simple : sans couverture sociale, le coût de vaccination d'un enfant jusqu'à l'âge de 6 ans s'établit entre 1.400 et 1.800 euros.

Payer pour accoucher

En raison des coupes dans le secteur public et les services sanitaires,
"il n'y a aucune aide prévue pour les enfants des familles sans sécurité sociale et les femmes sans protection sociale doivent payer pour les examens et l'accouchement", note Anna Maïli. "Entre 2008 et 2011, le nombre d'embryons nés morts a augmenté de 21%, ce qui est le résultat de la récession et du taux de chômage", est même allée jusqu'à affirmer la responsable de Médecins du monde en soulignant qu'outre "la crise humanitaire en Grèce, il y a maintenant une bombe sanitaire".

Austérité stricte

Soumise à une austérité stricte par ses créanciers UE et FMI en échange des prêts internationaux pour lui éviter la faillite, la Grèce est plongée dans la récession pour la sixième année consécutive, le chômage ayant explosé à plus de 27%, le taux le plus élevé dans la zone euro. Concernées dans plus de trois cas sur dix, les femmes sont encore plus touchées.

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