IL y en a qui aimeraient bien voir ça revenir : rafle 17 octobre 1961


Je ne sais pas pourquoi j'y pense en ce jour de nouvel an, je ne sais pas, mais c'est comme ça. En ce temps là on ne rigolait pas et tirer à balles réelles devenait habituel... L'Algérie voulait vivre libre ... 

17 octobre 1961 […]
par Elie Kagan (1

Plus tard on appellera cette chaude journée Ratonnades à Paris. Des Arabes par milliers, Concorde, Solférino, Rue de Lille, hommes casqués. Ma peur, qui me surprend.
Octobre 61
Juillet 42
Octobre 61
Juillet 42
Métro, wagons bondés
Français, nez contre vitres, indifférents,
on tire, on tue, et puis on efface vite.

Et moi Seul, tout seul avec ma peur au ventre
Qui fais mon métier d’homme
Et fixe pour toujours
Le crime, l’assassinat
La mort d’innocents
En espérant, Naïf
Que peut-être les images reveilleront les autres

Amorphes, endormies, égoïstes… ou pourris

Sur le quai du métro je photographie un Arabe qui souffre
Une balle dans l’épaule
Il est là grimaçant, pleurant
Une femme s’approche
Casquette galonnée
Et me dit:
Savez-vous qu’il est interdit de prendre des photos sur le quai du métro?
Alors je ne me retiens plus et lui hurle
Comment
Des hommes pleurent, souffrent
Et vous me dites à moi
Qui fait mon métier d’homme
Qu’il est INTERDIT
Mais qui êtes-vous donc
Créature insensible
Chrétienne?
Syndiquée?
Communiste, Cgt?
Tout à l’heure, quand des flics poursuivaient ces malheureux, vous n’avez même pas pensé à leur dire que c’était interdit de tuer d’autres hommes, de les poursuivre jusque dans le métro.
Et puis je l’ai giflée.
Des souvenirs qui m’assaillent
16 juillet 42
Le Vél d’Hiv plein de juifs
Français indifférents
Et partent puis
Meurent au loin
Innocents, innocents
Et moi j’ai survécu, j’ai lu
J’ai étudié
Réussite
Faire ce que je veux
Faire ce que je dois.
http://www.jgcinema.com/single.php?sl=154 Elie Kagan (1929-1999), dont la grande silhouette a longtemps arpenté le pavé parisien, a toujours travaillé en indépendant. Il laisse des archives imposantes sur près d’un demi-siècle d’actualité politique et sociale en France.Né d’un père d’origine russe et  d’une mère polonaise, tous les deux juifs, il est le seul survivant d’une rafle qui a vu la déportation de tous les siens durant l’occupation allemande. Le photographe a peu voyagé hors de France. Il est allé à Auschwitz et en Algérie.Le 17 octobre 1961 à Paris, bravant le couvre-feu auquel ils étaient soumis, des milliers d’Algériens avaient répondu à l’appel à manifester de la Fédération de France du FLN. Et la répression policière fut d’une brutalité sans précédent.Ce jour-là, Elie Kagan fut pratiquement le seul à s’aventurer boîtiers en main dans Paris, travaillant au flash, photographiant des dizaines de manifestants ensanglantés...

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