mardi 30 septembre 2014

Fier d’être une faille !

par Serge Grossvak

« L’union nationale est sans faille ». Ca repart comme en 14, sans faille et plein de certitudes, la fleur au missile ! Pourquoi réfléchir avant de tuer ?

Le bal des horreurs est d’abord le bal des horribles !

Qui aujourd’hui se souvient ?  Qui se souvient que nous étions quelques millions de par le monde à clamer qu’il ne fallait pas porter la guerre en Irak, que la barbarie n’est pas la réponse à la barbarie, ET, et clairement, et que cette politique de mépris du droit constituait l’ouverture d’une boite de Pandore. Nous disions qu’une fois déstabilisé la région et les relations internationales, le pire était à craindre.

Nous entrons dans le pire. Nous y entrons ne sachant comment en sortir. Le Premier Ministre Britannique, au moins les Britanniques ont ils droit à cette honnêteté là, annonce que cette guerre « ne serait pas pour des mois mais qu’il fallait compter en années. » Des années de bombardements et de tueries… Cela mérite de se poser des questions, non !

Je ne serai pas de cette « union nationale sans faille » et pleine d’aveuglement. Ce qui se joue est trop grave, beaucoup trop grave ! Sortir de cette nasse impose d’ouvrir grand les yeux et peser le sens de nos actes.
Loin de moi d’oublier l’horreur infligée à Hervé Gourdel, l’ignominie subie par les femmes Yasidi.  Ma tête est également emplie de ces inhumanités qui s’empilent de mois en mois, maintenant de jours en jours. La différence réside t elle entre celui sur qui gicle le sang et celui qui demeure bien propre carbonisant et sectionnant en manipulant un joystick téléguidant ?

Le visage d’Hervé Bourdel me bouleverse. Cet homme a une image pleine de douceur. Il était amoureux comme moi, mieux que moi, de nature, d’espaces d’altitude, de plénitude du vent libre des sommets. Il ne pouvait être victime plus injuste de cette déflagration mondiale. Mais n’est-ce pas toujours les humbles qui payent le prix fort des aveuglements des puissants ? Hervé me bouleverse autant que ces enfants coupés en deux, perforés de clous, brûlés à cœur, par des armes toujours plus sophistiqués que nos sociétés intelligentes savent si bien produire, et efficacement utiliser.

Comment faire un lien entre ces atrocités, toutes ces atrocités ? En ouvrant les yeux et les neurones, en recherchant ce qui nourrit l’émergence de l’horreur.

Il est devenu banal d’invoquer Hitler pour exprimer le dégoût que nous inspire une politique sanguinaire. Ceux que nous combattons sont bien sûr assimilés au nazisme. L’histoire de ce désastre allemand d’humanité pourrait bien nous instruire pour notre présent. Quel terrible oubli, quelque peu volontaire, sur ce qui a précédé et favorisé l’accession d’Hitler au pouvoir. L’oubli de l’humiliation de l’Allemagne vaincue avec l’occupation hautaine de la Ruhr par la France « pour faire payer les boches ». L’humiliation des humains nourrit l’inhumanité.

La guerre, le mensonge avéré (la fausse preuve brandie par les USA  devant l’assemblée de l’ONU), l’éclatement d’un pays, et puis d’un autre, et encore un autre, et encore, encore… L’humiliation généralisée d’un monde de ceux de tous les droits et ceux de l’invitation à ce soumettre… L’injustice, le mépris. Voilà le terreau des horreurs que nous vivons aujourd’hui. Voilà ce qui amène le martyr d’Hervé Gourdel.

Nous pourrons bien lancer toutes les armées du monde, barder tous nos soldats des plus puissants missiles, surveiller de nos drones les plus doués et miniaturisés. RIEN Y FERA, rien ! Nous ne ferons que faire pousser la rage dévastatrice en retour dans les cœurs des méprisés. Non seulement nous nous interrogerons sur l’ingratitude de ces peuples que nous déclarerons « avoir libéré » mais ce sera les gosses de nos voisins, nos gosses qui seront aspirés dans ce vent de folie que nous aurons nourrit avec une bêtise crasse et suicidaire.

Ce n’est pas de va-t-en guerre fleur au missile dont nous avons besoin dans notre lutte pour l’humain mais d’un retour au dessein d’un monde où le juste redevient crédible, où le respect de chacun redevient le sentiment de chacun, où l’avenir n’est plus l’asservissement à des zones de marché.

Nous avons besoin d’un autre monde ou nous allons crever. Ca vaut la peine de refuser le consensus aveugle où on veut nous enfermer, d’être une faille, pour au moins, au moins tenter d’arrêter cette machine infernale vers l’abîme.

Nous avons besoin de paix, et rendre hommage à Hervé Gourdel ne peut que prendre la voie de penser la paix, de construire la paix.


Le Citoyen Sans Dents Serge Grossvak

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