vendredi 3 avril 2015

Notre Dame des Landes : La CGT préfère le maintien de Nantes-Atlantique



Le syndicat a arrêté une position sur l’aéroport. Relevant les conséquences sociales et économiques d’un transfert, la CGT privilégie l'aménagement de Nantes-Atlantique.

La CGT de Loire-Atlantique se prononce pour le maintien de l’aéroport Nantes-Atlantique.

"Nous avons étudié les dossiers de Nantes-Atlantique et Notre-Dame-des-Landes à travers les prismes de l’environnement, de l’emploi, de la sécurité aérienne... en dehors de tout regard militant, expliquent Sarah Lecomte, secrétaire de l’union locale Sud-Loire, et Yves Ardil, conseiller technique de la CGT d’Aéroport du Grand Ouest (CGT AGO). Le maintien nous paraît plus en phase avec les valeurs de la CGT que le transfert à Notre-Dame-des-Landes." Rester à Bouguenais, mais avec des conditions : améliorer la sécurité, l’entretien de la piste, aménager l’aérogare, favoriser l’accès en transports publics. "Vinci a laissé volontairement la plateforme aéroportuaire à l’abandon, sans investir, pour justifier le transfert", dénoncent Sarah Lecomte et Luis Robin, secrétaire CGT AGO.

Le syndicat affiche son opposition à la concession de l’aéroport : "Nous refusons que l’argent public subventionne des réalisations pour lesquelles les recettes, elles, seront privatisées !"

Déplacer 1 800 emplois


L’enjeu social d’un transfert a fini de forger la position du syndicat. La CGT AGO fédère les 1 800 salariés de la plateforme aéroportuaire. "Ces emplois sont transférables. Sachant que 80 % vivent en Sud-Loire, explique Luis Robin. Ces salariés, si l’aéroport s’en va, devront choisir entre déménager ou faire des kilomètres et passer du temps dans les embouteillages sur le périphérique pour rejoindre Notre-Dame-des-Landes. Et déménager où ? Y’a pas de logements là-bas !" - "Déplacer 1 800 emplois à 40 km du sud de l’agglo, dans un secteur non desservi par les transports en commun, se payer les bouchons du pont de Cheviré, chambouler la vie des familles, ce n’est franchement pas sérieux", juge Yves Ardil.


"Volet social occulté"


Le syndicat déplore l’omertà sur le volet social de ce projet : "Cet aspect est totalement occulté. Nous avons questionné l’État et Vinci sur les conditions sociales du transfert, les éventuelles contreparties, la mobilité forcée ou non. Aucune réponse ! On se heurte à un vrai refus d’en parler", regrette Luis Robin. "Si un salarié refuse d’aller travailler à Notre-Dame-des-Landes, que se passera-t-il ? Aujourd’hui, un refus de mobilité est considéré comme une démission et non un licenciement économique. Vous imaginez les conséquences."

ouest France

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